Cours de Poker #18 : Définitions et utilisation du bluff dans une partie de poker

De tout temps, depuis que le Poker fait vibrer des millions de joueurs dans le monde, on a vu le bluff avoir dans la partie une importance capitale, jusqu’à retourner les situations les plus évidentes. Lors des tournois, le bluff est omniprésent. En bluffant, l’outsider peut devenir favori, et vice versa. Il ne fût pas rare d’observer des parties où le joueur apparament favori se laissait entraîner dans des séries de mises par un joueur adverse, qui va parfois pousser les enchères jusqu’à faire presque tapis. A la finale des WSOP de 1978, Addington, le favori, avait suivi Baldwin jusqu’au quasi épuisement de ses jetons. Finalement sûr que ce dernier ne bluffait pas, Addington a préféré jouer la carte de la prudence et a jeté les siennes. Le jeu de Baldwin n’avait au final aucune valeur, même avec le flop. Le supposé outsider a pu donc récupérer une large partie des jetons du favori et s’est vu sacré, quelques tours plus tard, champion du monde de Poker.

Dans la pensée commune, quand on dit « poker », on pense « bluff ». Aux yeux du grand public, le bluff est un élément quasi-central du jeu. Mais ne poussons rien à l’extrème. Certes, c’est une méthode inévitable qui a fait ses preuves, mais pas plus importante que de jouer une main à sa juste valeur. Beaucoup de joueurs commettent l’erreur de bluffer trop souvent. Et ce en particulier dans les parties à petites enchères, car cela ne coutera pas cher à l’adversaire de prendre le risque que vous bluffiez et de vous suivre, sa cote du pot (avec de petites mises) étant suffisante pour le faire. Trop de bluff tue le bluff, sachez-le. Si vous bluffez trop souvent, vos adversaires finiront bien par comprendre votre petit manège et cela ne fonctionnera plus.

Rappeler la différence entre sous-jouer sa main et la bluffer. Lorsque vous sous-jouez une main, celle ci est généralement très forte et vous la faites passer pour très faible. Le bluff, c’est exactement l’inverse : votre main est faible, vous voulez qu’elle passe pour forte. Ces deux techniques de jeu vont dans le sens du Théoreme fondamental de Slansky, précédemment expliqué dans la troisième leçon. Ce dernier consistant à pousser l’adversaire à jouer différement que s’il voyait vos cartes, le bluff est une manière d’y parvenir. Prenons un exemple pour voir en pratique l’importance du bluff. Pendant une partie de Poker (peu importe la variante), le montant du pot s’élève à 100 euros tandis qu’au début d’un tour d’enchère, un joueur adverse mise 20. Si vous suivez son enchère, votre cote du pot s’élèverait donc à 6 contre 1. A la vue de votre jeu, vous êtes conscient que vous ne remporterez le pot que si le joueur qui a ouvert bluffe. Votre réaction va ici dépendre du joueur qui ouvre. Supposons que ce soit des camarades de jeux ponctuels et que vous les connaissiez sur le bout des doigts.

Le joueur A ne bluffe jamais : s’il ouvre, vous allez donc vous coucher. Le joueur B est un gros bluffeur, il arrive très fréquemment qu’il sur-joue ses mains : vous allez donc évidemment suivre. En revanche, le joueur C est plus complexe : admettons qu’il bluffe une fois sur 7 (sa cote de bluff est donc de 6 contre 1). Il vous faudrait docn une cote de pot de 6 contre 1 pour suivre. La décision n’est pas évidente : soit vous suivez et vous avez six chances (ou plutot malchance) sur sept qu’il ne bluffe pas et qu’il vous batte (puisque votre main ne peut pas rivaliser s’il est sincère) ; soit vous passez et il vous vole le pot. Le joueur C est donc le meilleur des joueurs, puisqu’il vous pose problème. Bluffer de manière régulière et non pas à fréquence exagérée, dans un sens ou dans l’autre, et la meilleure des tactiques. S’il bluffe trop, personne ne va se laisser berner et la plupart vont suivre ses enchères. S’il ne bluffe jamais, tout le monde va passer sans lui payer de mise lorsqu’il entrera dans un coup.

Au poker, il y a deux sortes de bluff bien distincs : le bluff intuitif et le bluff mathématique. Dans cette leçon, nous nous centrerons sur le premier, tandis que la leçon suivante concernera le second.

Quelle est la fréquence idéale du bluff ?

Mathématiquement parlant, l’idéal est que votre fréquence de bluff soit équivalente à la cote du pot du joueur adverse. Si sa cote est de 6 contre 1 comme dans l’exemple pré-cité, vous devez bluffer à la fréquence de 6 contre 1. Mais en pratique, le mieux à faire est de savoir juger, selon le contexte et les joueurs, du moment idéal pour insérer un bluff et remporter un pot alléchant. Rappelons que le bluff est plus utile dans les parties à grosses enchères, et qu’il est à consommer avec modération.

Voyons maintenant comment utiliser le bluff, selon qu’il y ait encore des cartes à sortir ou que tout le jeu ait été distribué.

Quand il y a encore des cartes à venir

Dans ces conditions, la plupart du temps, le bluff n’est pas pur. C’est un semi-bluff, dans le sens où votre main peut toujours s’améliorer avec le tirage (cf. Leçon 11). Bluffer en début de coup est souvent probant. Dans le cas où en revanche vous n’avez qu’un ou deux outs qui vous permettrait de gagner (c’est à dire dans le cas d’un bluff pur) il faut que vos adversaires se couchent immédiatement après votre bluff. Nous l’avons vu, le semi-bluff permet de gagner de multiples façons. Mais vous pouvez tout de même tenter un bluff pur si vous pensez que les chances qu’il a de fonctionner sont supérieures à la cote du pot. En chiffré, cela signifierait qu’avec une cote infime de 1,5 contre 1, vous pouvez tenter de bluffer si vous avez par exemple 6 chances sur dix que cela fonctionne.

Imaginons que vous tentiez un bluff pur en début de coup, et qu’un joueur adverse vous relance. Alors, la plus sage décision est d’abandonner, et non pas de s’enfoncer dans un bluff inefficace comme le feraient bon nombre de joueurs agressifs et entêtés. Sans être relancé, vous serez la plupart du temps suivit par au moins un joueur. La question qu’il faut alors se poser est la suivante : vais-je continuer à bluffer au tour d’enchère suivant ou vais-je jouer ma main à sa juste valeur? Le calcul a faire pour répondre à ce dilemme est le suivant : comparer votre cote de pot effective (si vous misez à chaque tour jusqu’à ce que l’un d’eux se couche, même si votre main n’a pas pris de valeur) avec la probabilité que vous remportiez le pot. Voyons cette situation au travers d’un exemple concret. Lors d’une partie à 10-20euros, le pot en contient 100. S’il reste encore deux cartes à sortir, vous avez la possibilité de bluffer deux fois. Si c’est que vous contez faire, vous miserait 40 euros pour en gagner 120. Donc, lorsque vous misez 20 la première fois, votre cote de pot n’esnt pas de 5 contre 1 mais bien de 3 contre 1 (soit 120 contre 40). Le bluff sur les deux coups à venir ne serait donc rentable que si et uniquement si votre probabilité de gagner sont d’au moins 3 contre 1.

Juger de l’éventuelle réussite de votre bluff dépend avant tout du contexte de chaque tour. Cela ne se décide pas sur toute une partie, car les les éléments principaux qui vont guider ou non votre bluff sont les cartes qu’ils restent à sortir, celle que possède votre adversaire et celle que vous possédez vous! Bluffer ou non, persister ou non dans son bluff est une décision parfois difficile à prendre. Beaucoup commettent l’erreur de trop bluffer, ou de bluffer au mauvais moment. L’expérience de jeu est le meilleur moyen de réduire à néant les erreurs précédentes. Tout est question de ressentie : si vous pensez que l’adversaire a amélioré, couchez vous. Si vous pensez que son jeu n’est que médiocre, persistez.

Quand toutes les cartes sont sorties

Là, le bluff ne peut être QUE pur, puisque votre main ne peut plus être améliorée. En fin de coup, lorsque vous bluffez, votre seul et unique objectif est que les adversaires ne suivent pas votre mise et abandonnent. Comme précédemment, si la probabilité que l’un d’eux suivent est trop forte comparée à votre cote de pot, ne bluffez pas. A l’inverse, bluffez si vous pensez qu’il y a de bonnes chances qu’il passe. Chiffré, cela donne les exemples suivants : si le montant du pot s’élève à 100 euros, bluffez à 20 s’il passera une fois sur six. S’il s’élève à 140 euros par exemple, bluffez s’il passe une fois sur huit, etc… En règle générale, soyez conscient que plus le pot est élevé, plus les adversaires vont suivre, appâté par ce dernier.

Une fois de plus, seule l’expérience vous permet une bonne lecture du jeu, pour savoir si oui ou non, votre bluff a de bonnes chances de réussir. Plus le jeu que vous lisez chez l’adversaire semble faible, plus votre bluff a de chances de réussir. Il faut donc non seulement lire les mains, mais aussi lire les adversaires. Plus il joue large, plus il sera difficile à bluffer, et inversemment. Plus il est novice, plus il sera tenté de suivre votre mise quoiqu’il arrive. Observer ses adversaires tout au long de la partie apporte bien des éléments sur leurs façons de jouer, et donc sur la façon dont vous pouvez les avoir !

La position : un élément décisif

Tout comme le mode de jeu des adversaires, la valeur de votre main, celle de leur main… La position dans le tour de parole est un facteur important dans la décision de bluffer ou non. En règle générale, si un adversaire checke, il est plus facile et probant de bluffer lorsque vous parlez en premier plutôt qu’en second. Tout d’abord, s’il a checké, c’est que son jeu a certainement peu de valeur. Et il sait qu’il vous le fait savoir en jouant ainsi. En somme, si vous ouvrez, il se doutera que vous profitez de la faiblesse de son jeu et sera tenté de vous suivre quoi qu’il en côute. Il peut aussi très bien bluffer, si sa main n’est pas bonne. Donc, si votre main est de faible valeur et qu’elle a peut de chance de remporter si vous vous contentez de checker, mais que vous savez que le joueur adverse a aussi une main de peu de valeur, bluffer en première position sera plus probant que bluffer en seconde.

Bluffer face à un tirage

Dans le cas où votre adversaire et vous possédiez tout deux des mains à tirage et que vous n’amélioriez pas et que lui n’a certainement pas amélioré non plus. Quand votre main est nulle, et que celui de l’adversaire l’est aussi, il est inutile de tenter un bluff. Si vous ouvrez, il vous suivra et vous n’êtes pas sûr que la paire qu’il peut posséder ne battra pas la vôtre.

Bluffer face à plusieurs adversaires

En général, bluffer plus d’un joueur quand il n’y a plus de carte à sortir n’est pas probant. Chaque adversaire supplémentaire diminue encore vos chances de faire un bluff efficace. La seule façon de bluffer rentablement face à plusieurs adversaires est de les bluffer un à un, indivduellement. Voyons cela dans un exemple. Dans une partie à 10-20 euros, vous vous trouvez en favori à la fin d’un coup. Le montant du pot s’élève maintenant à 80 euros. Vos calculs sont simples : une fois sur trois, vous pourrez remporter le pot en bluffant. Donc, vous gagnerez une fois 80euros, vous en perdrez 40 (2×20). Le profit est donc de 40 euros, soit 13,33 par mise. Et s’il y avait deux joueurs adverses dans le coup? Les choses seraient différentes. Chaque joueur (dont vous) ont mis 40 euros, soit 120 euros dans le pot au total. Comme dans la situation avec un seul adversaire, chaque joueur va passer une fois sur trois. Votre cote de pot est donc de 6 contre 1, et non plus de 4 contre 1. Hors, la situation n’est plus à votre avantage. Je m’explique. Auparavant, l’adversaire passait une fois sur trois. Maintenant, il y a deux adversaires, donc : 1/3 x 1/3 = 1/9, soit une cote de 8 contre 1! En pratique, cela veut dire que huit fois sur neuf, un ou les deux adversaires suivront. En profit, cela signifie que vous allez perdre huit fois 20 euros, soit 160 euros. Pour un gain d’à peine 120 euros, vous jouez à perte.

Le bluff contre deux joueurs à la fois n’est donc pas rentable, il vous fait même perdre de l’argent. C’est pourquoi il est préférable (voire indispensable) de bluffer un seul joueur à la fois.

Bluffer ou miser pour la valeur

Il y a tellement de facteurs qui entrent en ligne de compte lorsqu’il s’agit de votre situation dans la partie (position, comportement des adversaires, leurs mains, la vôtre, les jetons de chacun, le montant du pot, les cotes…) qu’il est difficile de définir une bonne manière de jouer, et une mauvaise. Hors, dans cette partie de la leçon, nous nous centrerons plus particulièrement sur les mains que vous allez bluffer dans l’espoir qu’une main inférieure suive, afin de faire grossir le montant du pot. Voyons les règles générales à appliquer à ce type de situation.

Tout d’abord, lorsque vous bluffez, c’est dans le seul objectif de faire passer l’adversaire pour remporter le pot. Si vous misez pour la valeur comme précité, vous voulez qu’il suive pour renforcer le pot. Là est la différence. Miser pour la valeur est une bonne tactique, tout comme bluffer. Mais ne faire ni l’un ni l’autre ne vous fait gagner en rien. Si vous ne voulez pas bluffer, misez pour la valeur ; et inversemment. Seule exception à cette règle générale : les variantes comme le Hold’em ou le Stud, où l’adversaire voit la dernière carte, et a donc une idée sur le fait qu’elle ait pu vous arranger ou non. Si, dans un cas comme celui-ci, vous misez pour la valeur, il est fort probable que l’adversaire suive, ou pire, relance. Si sa main est meilleure que la vôtre, il finira pas vous battre et vous voler le pot.

Parfois, il est bon de bluffer et de miser pour la valeur en fin de coups. Voyons cela dans un exemple de Stud à 7 cartes, où votre main comprend Dame, 5, As et trois visibles, ainsi que 6 et 3 cachés. Vous avez un tirage a couleur coeur (dont l’As) et une petite paire de trois. Il reste une carte à sortir, et vous décidez d’ouvrir même si vous n’améliorez pas votre main. La dernière carte ne vous permet pas de toucher la couleur, mais elle vous donne une paire de Dames en plus de votre paire de trois. La question qui se pose ici est : faut-il miser pour la valeur? Beaucoup vous répondront que non, du fait que l’adversaire ne vous suivra que s’il vous a déjà battu. En fait, lorsque le montant du pot est très élevé, miser pour la valeur est aussi valable. Supposons, toujours pour le même exemple, que vos dames ont 80% de chances d’être la meilleure main, et que l’adversaire passera trois fois sur dix si vous misez. Lorsqu’il décidera de vous suivre, vous serait favori à 2,5 contre 1 (soit 5 contre 2). Dans un cas sur deux, vous remporterez la mise, et dans 20% des cas vous la perdrez puisque la main de l’adversaire sera meilleure que la vôtre. En somme, vous devez ouvrir car vos chances de gagner s’il suit sont de 71% (soit 5/7). Il y a aussi 30% de chances qu’il passe, vous pouvez donc également bluffer (tant que votre mise est inférieure aux 3/7ème du pot, ce qui équivaut à environ 43% de son montant). En définitive, dans un cas tel que celui-ci, les deux possibilités sont rentables : bluffer, et miser pour la valeur.

Bluffer selon le joueur adverse

Le fonctionnement de l’adversaire est aussi un facteur décisif lorsque vous choisissez de bluffer ou non. Par exemple, si le joueur paye constamment quelque soient les paramètres du coup, inutile de le bluffer, puisqu’il vous suivra à tout les coups. Par contre, face à un joueur qui paye de la sorte, quand vous avez une très bonne main, vous devez ouvrir systématiquement. Prenons le cas inverse d’un joueur très serré, qui va souvent jeter sa main : là, vous pouvez le bluffer puisqu’il ne suivra que très rarement, mais évitez de miser pour la valeur face à un tel jeu (car il ne suivra qu’avec des mains de très bonne valeur).

Voyons l’application de ces règles via un exemple de situation très fréquente, qui nous montrera dans quel cas un bluff est valable et dans quel cas il ne l’est pas. Lors d’une partie de Poker fermé, votre main comprend une paire de valets. Vous demandez trois cartes. L’adversaire en fait de même. Vous supposez qu’il a touché une paire d’As. – C’est un joueur qui, vous le savez, jette souvent ses mains. Si vous n’améliorez pas votre main, vous allez donc bluffer pour le pousser à jeter sa supposée paire d’As. En revanche, si vous améliorez avec par exemple deux paires, il sera préférable de checker, car si vous misez et qu’il suit, vous êtes outsider car il a peut être double paire aux As.

– Changeons la donne, et supposons maintenant que l’adversaire joue la plupart de ses mains et n’en jette presque jamais. Inutile de bluffer face à lui, puisqu’il vous suivra certainement avec une meilleure paire que la vôtre. En revanche, si vous obtenez deux paires aux valets vous devriez miser pour la valeur, puisque ces deux paires sont favorites à 2,5 contre 1 (soit 5 contre 2). Ce qui différencie ces deux adversaires (et donc les actions que vous allez pouvoir engager) c’est que le premier, qui jouait serré, ne vous suivrait pas avec une simple paire, même d’As. Celui qui joue large en revanche, n’hésitera pas à le faire. C’est ce qui implique que vous allez pouvoir plus ou moins bluffer avec l’un et l’autre.

Le bluff et l’image de vous qu’il donne aux autres

Si vous bluffez en début de tour et que les adversaires s’en rendent compte, vous perdez bien sûr le coup, mais ne serez pas totalement perdant. En effet, cela renvoie aux autres une certaine image de vous qui peut avoir son importance dans la suite de la partie. Il peut parfois s’avérer intéressant de faire un « faux mauvais bluff » en début de partie, pour que par la suite, quand votre main sera bonne, les adversaires vous suivent plus facilement. Même suivre volontairement des joueurs que vous savez serré peut permettre, par la suite, qu’ils n’osent plus vous bluffer de peur que vous ne les suiviez à nouveau. Ainsi, lorsqu’ils miseront, vous saurez que leur main sont vraiment de bonne valeur.

Vous pouvez même renvoyer aux autres l’image de celui qui n’y entend rien. Par exemple, si vous avez généralement une image de joueur serré, vous pouvez la renforcer dans votre intérêt (en passant face à certains bluffs flagrants, par exemple). Ainsi, lorsque vous blufferez plus tard, aucun joueur ne se doutera de la manigance et tous se coucheront. Les joueurs chevronnés connaissent l’importance de lire le jeu des adversaires. C’est pourquoi il est primordial de jouer en fonction de l’image que cela va donner de vous, et d’en tirer vos intérêts aux tours suivants, surtout si vos adversaires sont souvent les mêmes.

Le bluff vous permet de remporter un pot, qui plus tard, financera les mises que vous suivrez lorsque vos mains seront réellement légitimes. En somme, face à des joueurs qui ne jouent pas serré, misez moins que la fréquence optimale permet de dégager un maximum de profit. Plus votre image de joueur serré est forte, plus vous pouvez user et abuser du bluff.

On résume

– Bluffer, c’est miser en étant conscient que sa main n’est pas la meilleure, tout simplement. Lorsqu’il reste des cartes à venir, il s’agit le plus souvent de semi-bluff, puisque vous pouvez encore améliorer.
– Pour bluffer rentablement, il faut être sûr que ses chances gagner sont supérieures à sa cote du pot. La cote effective est également à prendre en compte lorsque toutes les cartes ne sont pas encore sorties.
– Face à un joueur serré, le bluff est plus efficace lorsque vous parler en premier. En revanche, lorsque votre main n’est que moyenne, n’ouvrez pas dans cette position, sans quoi vous subirez les bluffs adverses. Si vous parlez en deuxième et que l’adversaire checke, contentez vous de checker aussi : vos mains n’ont qu’une faible probabilité de remporter si vous ouvrez et qu’on vous suit.
– Chaque adversaire supplémentaire fait chuter les chances de réussite de votre bluff. Ne bluffez donc qu’un joueur à la fois, jamais deux ou trois en même temps. Plus ils sont nombreux, plus il y a de chances que l’un d’eux vous suive.
– Il faut faire un choix entre bluffer ou miser pour la valeur. Ce choix difficile n’aura de réponse optimale qu’avec l’expérience et la patience. Si vous pensez que le joueur en face bluffe, ouvrez avec des mains de bonnes valeurs. Si cette option ne vous parait pas rentable, bluffez.
Somme toute, le bluff est un élément indispensable dans la manche d’un joueur chevronné. Il est à consommer avec modération, certes, mais malgré ce que disent ses détracteurs, c’est une tactique de jeu tout aussi efficace que les autres.